Darlène Gatungane se bat contre le chômage et les moqueries des gens ne l’empêchent pas d’avancer.

 

Quand on s’est vue, elle devrait passer un test de travail le lendemain pour un emploi où elle avait postulé.

Darlène Gatungane a terminé ses études universitaires en Gestion et Administration à l’ Université Lumière de Bujumbura et vit actuellement à Bujumbura. Difficile de trouver un emploi pour elle, même les stages qu’ elle reçoit ne sont pas payés. Parfois, elle n’a même pas grand chose à faire dans certains services et elle passe son temps à lire des livres, nous raconte-t-elle.
Courageuse, elle refuse de rester assise malgré ce manque d’emploi. Elle va donc oser faire ce que beaucoup de jeunes comme elle vivant à Bujumbura n’oseraient pas faire; surtout lorsqu’ils ont une licence d’Université : “Faire des beignets et de la pâte ( Icapati ) pour en faire la distribution”.
Depuis qu’ elle était toute petite , chez elle, elle voyait comment faire des beignets car ils avaient une boutique. Un esprit d’entrepreneuriat qu’elle a peut être hérité de ses parents!!!
De toutes les façons, Darlène comme beaucoup d’autres jeunes est une jeune entrepreneure… Débutante certes, mais motivée, décidée , enthousiaste et optimiste. Elle se bat pour ne plus dépendre financièrement de ses parents. Pour commencer, elle en a parlé à sa mère et lui a demandé un peu d’argent pour se lancer.

De la farine, du sucre, de la levure, du sucre vanille, de l’huile, etc…est tout ce qu’il lui faut pour pouvoir faire son boulot. Pour trouver les différents marchés où elle peut faire la distribution de ses produits, elle doit sortir de la maison et oser.
Oui! Oser toquer aux différentes portes, même si elle ne sait pas le genre de réponses auxquelles elle sera confrontée.
Elle finira par gagner les marchés dans les différentes cantines ainsi que dans les différentes boutiques. Elle a quelqu’un qui fait la distribution pour elle.
Elle parvient à avoir un gain de 100 000 FBU, approximativement chaque mois. Et ça lui permet d’avoir l’argent de poche pour qu’elle puisse pourvoir à ses besoins.

Et pourtant malgré son courage immense, elle rencontre certaines difficultés telles que les moqueries des autres gens.
” Des fois, les gens se moquent de moi, de voir une licenciée faire des beignets. Mais je ne vais pas lâcher. Un jour, mon petit frère m’a demandé s’il fera des beignets lui aussi quand il terminera ses études. Ce jour là, j’ai eu une grande peine dans mon coeur. Mais il est petit et il ne connaît pas encore certaines réalités de la vie. Vous savez, quand on est encore au banc de l’école, tout est beau. Mais malgré tout cela, j’avance car je sais ce que je veux”.

Outre cela, les obstacles auxquels elle fait face sont le fait que ce n’est facile de gagner ou de garder les marchés. Par exemple, un jour alors qu’elle avait discuté le marché avec le patron d’une cantine d’une école, le vendeur des beignets a fini par lui retirer le marché pour le donner à son ami.
Et le fait qu’elle doit se réveiller à 5h pour la préparation est un autre grand obstacle pour elle: ” Je dois me réveiller à 5h du matin pour mettre en morceaux et en forme de beignets la pâte que j’ai préparée la veille. En effet, les beignets doivent être distribués le matin et étant encore chauds.

Il m’est souvent arrivé de constater que j’ai acheté une mauvaise farine et cela a failli causer la perte de certains marchés.  J’ai du  donc, par conséquent, changer de fournisseur de farine. J’ai fait face à tous ces obstacles avec persévérance et patience et aujourd’hui je ne cesse de penser à comment je peux agrandir mon cercle d’entrepreneuriat. Aujourd’hui, je vais de temps en temps à Kampala pour acheter les Imvutano et les mettre en location. J’ai aussi des articles divers dont on fait usage lors des cérémonies de remise de dot, pré – dot, etc… J’ai momentanément arrêté de fournir les beignets parce que je veux travailler dur pour me stabiliser dans cette affaire de location. Je travaille actuellement chez Village Market. Je suis fière de moi. Je trouve que je suis entrain de prospérer car aujourdh’ui je peux rentrer avec 50 000 FBU/ jour. Mais des fois il arrive que je manque des clients.
Et je continue à postuler dans les différents appels d’offre que je vois car même demain, j’irais passer un test de travail chez Finbank. Si demain ou après demain, j’ai un boulot, je chercherais une personne que je vais payer pour qu’elle travaille pour moi. Bien qu’avant de finir mes études, je me voyais être femme de bureau, aujourd’hui je me plais aussi en faisant l’Entrepreneuriat. Donc , je vais allier les deux.
Je ne finirai pas sans dire que le cours d’Entrepreneuriat que j’ai appris à l’Université m’aide énormément dans ce que je fais.”

Que de tels jeunes Burundais soient une source d’inspiration , un exemple pour plusieurs autres jeunes de notre si cher pays.
Que nous combattions l’esprit de paresse et de désespoir face au chômage.
Vive cet esprit d’entrepreneuriat chez les jeunes Burundais.

Darlène KEZA.

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